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QUAND LA MÈRE SE RETIRE

texte de Jean FOUCAULT
illustré par Christian BERJON

(...) La mère se meurt au Mans et le poète part d'Amiens pour assister au dernier temps. Le poème est fait de ce voyage et la mort de la mère répond en contre-point. C'est ainsi que la route qu'il parcourt entre Amiens et Le Mans est bien tracée sur la carte - mais ce qu'il dit de cette route n'est écrit nulle part ; il roule sur une route qui n'en est pas une : au final la mort prévue de sa mère l'a transformée. (...)
Quand la mère se retire suggère le plein et le vide, le monde s'est fait mer et mère, puis il s'est retiré. Il reste dans le titre cette idée que la vie universelle se retire de l'être - et demeure. C'est au nom de cette vérité que le jeu de mots sur " mer… et mère " reste possible.
La route ne s'arrête pas au Mans, elle se poursuit à l'infini dans cette espèce de musée qu'est le monde ; ce qui fait que ce poème vous serre le cœur - parce qu'il baigne dans le vide - et que la mort n'est pas un point de rencontre mais un vide qui grandit, grandit et vous absorbe.
Extraits de la préface de Pierre Garnier
Christian Berjon, photographe et musicien, ponctue ce voyage d’évocations en noir et blanc qui prolongent la méditation du poète dans une empathie discrète et profonde.

Prix : 15.00 €
 

96 pages - noir et blanc - 18 X 18 cm - Cousu
2007
ISBN 978-2-912360-46-5

 
 
 

CRITIQUES

(...) Jean Foucault est avant tout un poète inspiré et sensible. Son dernier recueil le prouve. Illustré de belles photos fortes et noires de Christian Berjon, ce livre n'est rien d'autre qu'un long poème que Foucault a écrit lors de la mort de sa mère qui se meurt au Mans. L'auteur quitte Amiens pour assister à ses derniers instants. Émotion et deuil, réflexion sur la mort tissent cette œuvre digne, belle et forte.
Ph. L. - Courrier Picard

C'est au temps des vacances que ces poèmes ont été écrits. Le flux et le reflux, dans ce livre, fait bouger les mémoires. Une première partie nous conduit, aux côtés de Jean Foucault, sur la route, vers sa maman mourante. Un retour vers elle qui est aussi un retour vers soi. Et puis c'est la rencontre. L'ultime. Celle qui fait du fils et du poète un veilleur et un guetteur tout à la fois. Un livre d'une infinie délicatesse où ce qui palpite dans les mots, c'est la vie. Le Verbe même.
Alain Boudet

Mystère de la mort. Le poète vient à la rencontre de sa maman mourante. Une première partie du livre se tient sur la route. Il conduit. Il va vers. L’ultime rencontre. La seconde partie c’est celle du veilleur. Beaucoup de silence dans ces pages. Beaucoup de douceur aussi. Que sait-on de la vie ?

Je crois que chacun pourra se reconnaître dans ces pages parce que sur les essentiels de nos vies et la mort des parents en est, nous nous retrouvons sans doute à égalité.
Ou presque. 
Patrick Joquel

Sur la couverture, la photographie sobre et belle d'une main de vieille femme, une main ravinée par les ans, mi ouverte mi fermée nous introduit à ce temps suspendu entre vie et mort.
De quoi est-elle vivante ? Ça dure quoi le passage de la mort ? Il faut faire vite la mort n'attend pas et pour aller dire au revoir à sa mère, J. F. accomplit plusieurs voyages : celui d'Amiens au Mans tracé sur la carte et d'autres plus angoissants où dans le familier des souvenirs surgit la certitude de la perte.
La grande vacance annoncée de la mère annonce-t-elle celle du fils ? Ce corps veut-il ou non rester ?
L’oeil parti où ? Revient au réel, s'accroche au présent : le feu rouge, le tour de France au Mans, trois mouettes square de Rouen.
La vie qui par le menu s'est allumée et s'éteindra, s'effiloche, s’amenuise, et si le monde devient babiole pour J.F, cependant reste la ressource d'inventer une mère qui l'incite à prendre soin de lui : pas si vite / je n'ai pas le temps d'apercevoir/ le paysage.
Impuissant à payer un billet de retour à celle qui lui a donné la vie, J.F. l'imagine dériver vers son île aux deux soleils, l'encourageant à créer encore des jours et des jours, laissant l’inutile.
Garder la mère en soi et s’en différencier pour rester vivant, tel est le voyage sans repères auxquels nous sommes tous tenus. C'est par le menu des mots que J.F. trace ses chemins. Enfant de choeur des morts, il savait garder le silence mais enfant de cette mère là, il se doit d'inscrire sa perte.
Sans jouer les enfants ne grandissent pas. Contre la mort agiter peut-être comme un hochet le poème.  
Jacqueline Persini-Panorias - Poésie Première n° 39

“Quand la mer se retire” dit la télé,
qui pense aux vacances.
Quand la mère se retire”
dit ma tête
qui pense au Léthé.
La première partie du recueil est le Voyage (en auto) vers la mère. Est-ce un jour comme celui-là que l’on dit rouler “à tombeau ou­vert” ? La chute, les soins et leurs limites. Elle est déjà dans l’ascension des grands cols les plus difficiles. Là où l’on atteint le ciel en toute impunité. Là où l’on s’envole au paradis.
Veilleur est la seconde partie du recueil. L’au­teur cherche à apprivoiser cette mort à venir de celle qui lui a donné la vie en des poèmes justes qui cisaillent la chair.
Ce recueil est une réflexion sur la vie et la mort, deux entités indissociables. Accompagnent les poèmes, des photos noir et blanc de Christian Berjon : des ourlets de sable luisant d’eau, l’écorce noueuse d’un arbre comme une peau parcheminée, des vues prises de nuit sur la route. Et notons la superbe photo de couver­ture : une main de très vieille femme habitée de compassion et d’humanité.
Collège, car il n’est pas rare que nos élèves souffrent déjà de la perte d’un proche, et lycée. 
O. B. - Inter CDI

J’aimerai tout d’abord dire combien j’ai trouvé sensible et
belle la préface de Pierre Garnier pour accompagner ce recueil qui exprime les pensées qui assaillent un fils lors de la route qui le mène jusqu’à la mère en fin de vie.
Le recueil se divise en deux parties : Voyage vers la mère (De la nuit vers le jour) et Veilleur (Jour et nuit).
Si l’itinéraire (Amiens - Le Mans) est dit de façon subtile, nous le déduisons rapidement par un poème dédié à la chanteuse Barbara :
Il pleut sur Nantes.
Il pleut sur Amiens.
Il pleut sur Le Mans.
Donne-moi la main.
Ce n’est pas le ciel de Nantes
Qui rend mon cœur chagrin.
Très vite on se sent au volant d’une voiture, sous la pluie, la radio fonctionne (flash info, musique, etc.) et conducteur solitaire vers cette mère qui se meurt. Moments de trouble, moments d’accalmie, nous suivons ces instants de fragilité d’un être qui sent déjà l’absence, la réalise et ne la réalise pas à la fois. Le pied parfois se fait lourd sur l’accélérateur :
Je roule roule roule
Ma mère est à la place du mort
« Pourquoi pleurer me dit-elle ? »
« Ne veux-tu pas changer de place, lui dis-je ? »
« Mais non je suis très bien comme ça. »
Je regarde ses chaussons
Bleus
Et le ciel
Gris.
Quelque chose n’est pas à sa place
Pensai-je fugitivement.
J’appuie sur l’accélérateur.
« Pas si vite me dit-elle
Pas si vite
Je n’ai pas le temps d’apercevoir
Le paysage. »
« Le paysage le paysage ! Parlons-en !
On a bien autre chose en tête que le paysage, aujourd’hui.
Tu ne trouves pas ?
Et puis je m’arrête.
Pourquoi contrarier
Celle qui
Occupe la place
Du mort ?
Ma cage de Faraday
Traverse l’orage.
Je tourne mon visage :
Plus personne
À côté de moi.
Jean Foucault nous fait partager tout ce qui lui arrive pendant cette route de la nuit vers le jour, ses pensées, son imaginaire, ses réflexions sur la mort. Il le fait en une poésie simple, subtile et sensible, sachant nous faire entendre cette détresse qui vous assaille dans cette situation où l’on se trouve quand on sent que son parent ne va plus être là.
La deuxième partie est tout aussi sensible et subtile. Elle se termine par un court poème qui dit tout :
On vient à l’aube relever le veilleur
(car il y a donc encore une aube – ainsi va la vie) :
« Tu travailles ? »
« Oui je commence
Le travail de deuil. »
Merci à Jean Foucault pour ce recueil où il sait si bien nous dire ces moments de douleur, de trouble, d’étrangeté ressentie, de résurgence du passé, de regrets, de désirs, où parfois plusieurs sensations se mélangent et provoquent quelque confusion. Le voyage ne s’arrête pas au Mans, car le voyage va vers le vide. Ceux qui ont vécu ce genre de situation retrouveront cet étrange moment qu’est la perte d’un parent.
Gilbert Desmée – Encres vagabondes
(12/08/08)
 
 
 

 

Écrivain : Jean FOUCAULT

Jean Foucault, comme tous les poètes ne vit pas seulement de l'air du temps. Il est responsable d'une association qui intervient en formation et centre de ressources sur la question des écritures créatives avec les jeunes (Lignes d'écritures). Chercheur en littératures d'enfance et de jeunesse, il est coordonnateur d'un réseau constitué dans ce domaine au sein de l'Agence universitaire de la francophonie. Tout cela l'amène à voyager dans le monde et explique un aspect de sa création poétique, née de la rencontre avec les gens du monde.
Une autre dimension est celle née du contact avec les "objets" au sens large, les "choses" pour parler comme Francis Ponge.
Les livres récents ou à paraître en 2007 manifestent bien ces deux tendances :
Constellation d'étoiles (éd. Acoria, 2005) : des étoiles au Pantanal (Brésil), au lac Kivu (Rwanda) et au Sud Marocain.
Les haikus des haies (Corps Puce, 2006).
Nés en l'air (Corps Puce, 2006) : rega...

Illustrateur : Christian BERJON

Christian Berjon est né en 1943 à Chantonnay (Vendée) dans une famille de photographes.
Il s'intéresse à la poésie : membre fondateur de SOC & FOC,
à la musique : crée le Cébé Trio+1 - initiateur et interprète des intermèdes musicaux du CD
C'est à dire (SOC & FOC, 2000) -
à la chanson - met en musique et interprète Pierre Menanteau ou ses amis poètes (Xavier Bouguenec, Jean-Pierre Sautreau, Michel Lautru...), compositeur et interprète de Belle la vie, CD chansons sur des textes de Xavier Bouguenec, édition SOC & FOC, 1997.
Principales expositions photographiques personnelles :
L'arbre et la pierre (1973).

     
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